Bertrand Marchand : "Un moment rare"
L'entra?neur de l'Etoile du Sahel, vainqueur de la Ligue des Champions d?Afrique, est devenu le premier technicien fran?ais ? remporter un titre continental de clubs champions. R?compens? par la FFF et l?UNECTAF, il ?voque ici cette r?ussite et son exp?rience tunisienne.
Vous voil? devenu le premier entra?neur fran?ais vainqueur d?une Ligue des Champions continentale? Cela vous inspire quoi ?
"Je r?alise que c?est une joie assez rare et un moment de football extraordinaire. Nous avions conc?d? le nul (0-0) chez nous ? l?aller, et nous nous rendions chez le double tenant du titre, dans un stade archicomble et avec le pr?sident Mubarak en tribune. Tout le peuple cairote ?tait pr?t ? f?ter le tripl?? et nous l?emportons 3 ? 1 ! Au retour d?Egypte, une foule incroyable nous attendait ? l?a?roport, peut-?tre 100 000 personnes, on a mis trois heures pour parcourir dix kilom?tres. Et puis, quelques jours apr?s, c?est le Japon pour la Coupe du Monde des clubs avec le Milan AC et Boca Juniors? On finit ? la 4?me place mais cela aurait pu ?tre mieux"
Revenons en arri?re. Qu?est-ce qui vous a conduit en Afrique ?
"Je voulais vraiment un challenge excitant, avec un projet, et le Club Africain, l?un des plus grands clubs du continent, en difficult? ?conomique et sportive depuis quelques ann?es, m?a propos? quelque chose dans ce sens. Nous avons termin? deuxi?mes du Championnat et disput? la finale de la Coupe, des performances qui m?ont permis de me constituer une carte de visite en Tunisie et notamment aupr?s de l?Etoile du Sahel, Champion en titre, dont les dirigeants m?ont sollicit? avec l?ambition d?atteindre un objectif : la Ligue des Champions, le seul troph?e manquant au palmar?s de l?Etoile".
Quelles sont les caract?ristiques de ce club ?
"Le club travaille beaucoup sur la formation. La moyenne d??ge de mon ?quipe n?est que de 22 ans. Sur les 23 joueurs retenus par Roger Lemerre en s?lection pour la CAN, 15 ont ?t? form?s ? l?Etoile et 8 appartiennent ? l?Etoile qui dispose de structures dignes d?un club de L1 : six terrains gazonn?s, un centre de formation de trente places dirig? par Jacky Dugu?p?roux, un centre d?h?bergement et un ?toile 4 ?toiles o? nous effectuons nos mises au vert. C'est le troisi?me club le plus populaire apr?s le Club Africain et l?Esp?rance de Tunis".
Faut-il des qualit?s particuli?res pour r?ussir en Afrique ?
"La premi?re chose importante, selon moi, est de disposer d?un bagage assez complet. On ne peut pas concevoir sa fonction uniquement autour de l??quipe premi?re, ce qui est g?n?ralement le cas en L1. Plein de choses sont ? faire, ? canaliser, ? organiser, sur le terrain, dans le club? On ne peut arriver dans un r?le de mercenaire. J?ai suivi toutes les formations d?entra?neur, d?Angoul?me ? Clairefontaine en passant par Vichy, j?ai ?t? entra?neur, entra?neur-adjoint, responsable des jeunes. Ce profil est tr?s recherch?".
L?avez-vous v?cu comme un exil forc? ?
"Nullement, m?me si je ne suis pas parti sans une certaine appr?hension apr?s vingt ans au m?me endroit. Passer de la Bretagne ? la Tunisie? Mais, le projet du Club Africain ?tait fort !"
L?exigence du r?sultat est-elle la m?me qu?en France ?
"Si vous perdez deux matches d?affil?e, c?est fini ! En deux ans, j?ai connu quatre fois la d?faite mais de mani?re espac?e. En Tunisie, l?engouement pour le sport, pour le football, d?passe le cadre sportif et ?conomique. Il repr?sente un enjeu social. Et, surtout, dans le positif comme dans le n?gatif, toute la d?votion des supporters tourne autant de l?entra?neur. Je suis arriv? dans un climat assez hostile car je venais remplacer l?entra?neur vainqueur du titre de Champion. Cela a dur? trois mois?"
Peut-on comparer la Ligue des Champions de la CAF et celle de l?UEFA ?
"Ce n?est pas la m?me "plan?te", si j?ose dire, en termes de moyens. Ce qui ne veut pas dire que le troph?e soit plus facile ? remporter".
Comment se pr?sente votre avenir ?
"D?j?, nous allons pr?parer la Supercoupe d?Afrique, le 23 f?vrier ? Rad?s, contre un autre club tunisien, le CS Fax, vainqueur de la Coupe de la CAF. Ensuite, je serai en fin de contrat au mois de juin. Evidemment, revenir en France me tient ? c?ur. Mais, comme je l?ai dit, je suis un homme de projets, j?aime aller au bout du travail ? accomplir. Je suis venu ici pour travailler pour le football tunisien dans son ensemble, pas seulement pour le Club Africain ou l?Etoile. Certains ?voquent mon nom pour la s?lection nationale. On verra".
Il y a deux ans, vous ?tiez sans emploi. La roue tourne ?
"Oui. Regardez Francis De Taddeo ? Metz, meilleur entra?neur de L2 hier, et qui vient de payer les pots cass?s? Ou Fr?d?ric Hantz, entra?neur "miracle" au Mans, qui n?a tenu que quelques mois ? Sochaux? Au soir de la victoire j?ai eu une pens?e pour tous les coll?gues au ch?mage, en me disant que ce titre pourrait valoriser l??cole d?entra?neurs fran?aise, bien qu?elle n?en ait pas beaucoup besoin en Afrique o? nos cadres techniques sont tr?s appr?ci?s et demand?s".
Vous faisiez partie du programme "Dix Mois, Cent Emplois" de l?UNECATEF, soutenu par la FFF. Comment avez-vous v?cu cette p?riode ?
"Pour la premi?re fois de ma vie, je m??tais fait "virer" (ndlr, ? Guingamp). L?important est alors de ne pas rester isol?. Le programme m?a permis de rencontrer des coll?gues ailleurs que sur le banc, de participer ? des r?unions, d?apprendre des choses nouvelles ? travers une formation continue, de m?enrichir dans mon m?tier, d?am?liorer mon anglais. Ceci dit, ayant refus? plusieurs propositions de L2, je n??tais pas inquiet pour mon avenir. J?attendais le projet qui me correspondait".
Encouragez-vous vos coll?gues ? tenter l?aventure ? l??tranger ?
"S?ils ont v?ritablement une ?me d??ducateur, de formateur, de d?fricheur, oui. L?exp?rience est forc?ment enrichissante, ? condition de ne pas aller n?importe o?".
"Je r?alise que c?est une joie assez rare et un moment de football extraordinaire. Nous avions conc?d? le nul (0-0) chez nous ? l?aller, et nous nous rendions chez le double tenant du titre, dans un stade archicomble et avec le pr?sident Mubarak en tribune. Tout le peuple cairote ?tait pr?t ? f?ter le tripl?? et nous l?emportons 3 ? 1 ! Au retour d?Egypte, une foule incroyable nous attendait ? l?a?roport, peut-?tre 100 000 personnes, on a mis trois heures pour parcourir dix kilom?tres. Et puis, quelques jours apr?s, c?est le Japon pour la Coupe du Monde des clubs avec le Milan AC et Boca Juniors? On finit ? la 4?me place mais cela aurait pu ?tre mieux"
Revenons en arri?re. Qu?est-ce qui vous a conduit en Afrique ?
"Je voulais vraiment un challenge excitant, avec un projet, et le Club Africain, l?un des plus grands clubs du continent, en difficult? ?conomique et sportive depuis quelques ann?es, m?a propos? quelque chose dans ce sens. Nous avons termin? deuxi?mes du Championnat et disput? la finale de la Coupe, des performances qui m?ont permis de me constituer une carte de visite en Tunisie et notamment aupr?s de l?Etoile du Sahel, Champion en titre, dont les dirigeants m?ont sollicit? avec l?ambition d?atteindre un objectif : la Ligue des Champions, le seul troph?e manquant au palmar?s de l?Etoile".
Quelles sont les caract?ristiques de ce club ?
"Le club travaille beaucoup sur la formation. La moyenne d??ge de mon ?quipe n?est que de 22 ans. Sur les 23 joueurs retenus par Roger Lemerre en s?lection pour la CAN, 15 ont ?t? form?s ? l?Etoile et 8 appartiennent ? l?Etoile qui dispose de structures dignes d?un club de L1 : six terrains gazonn?s, un centre de formation de trente places dirig? par Jacky Dugu?p?roux, un centre d?h?bergement et un ?toile 4 ?toiles o? nous effectuons nos mises au vert. C'est le troisi?me club le plus populaire apr?s le Club Africain et l?Esp?rance de Tunis".
Faut-il des qualit?s particuli?res pour r?ussir en Afrique ?
"La premi?re chose importante, selon moi, est de disposer d?un bagage assez complet. On ne peut pas concevoir sa fonction uniquement autour de l??quipe premi?re, ce qui est g?n?ralement le cas en L1. Plein de choses sont ? faire, ? canaliser, ? organiser, sur le terrain, dans le club? On ne peut arriver dans un r?le de mercenaire. J?ai suivi toutes les formations d?entra?neur, d?Angoul?me ? Clairefontaine en passant par Vichy, j?ai ?t? entra?neur, entra?neur-adjoint, responsable des jeunes. Ce profil est tr?s recherch?".
L?avez-vous v?cu comme un exil forc? ?
"Nullement, m?me si je ne suis pas parti sans une certaine appr?hension apr?s vingt ans au m?me endroit. Passer de la Bretagne ? la Tunisie? Mais, le projet du Club Africain ?tait fort !"
L?exigence du r?sultat est-elle la m?me qu?en France ?
"Si vous perdez deux matches d?affil?e, c?est fini ! En deux ans, j?ai connu quatre fois la d?faite mais de mani?re espac?e. En Tunisie, l?engouement pour le sport, pour le football, d?passe le cadre sportif et ?conomique. Il repr?sente un enjeu social. Et, surtout, dans le positif comme dans le n?gatif, toute la d?votion des supporters tourne autant de l?entra?neur. Je suis arriv? dans un climat assez hostile car je venais remplacer l?entra?neur vainqueur du titre de Champion. Cela a dur? trois mois?"
Peut-on comparer la Ligue des Champions de la CAF et celle de l?UEFA ?
"Ce n?est pas la m?me "plan?te", si j?ose dire, en termes de moyens. Ce qui ne veut pas dire que le troph?e soit plus facile ? remporter".
Comment se pr?sente votre avenir ?
"D?j?, nous allons pr?parer la Supercoupe d?Afrique, le 23 f?vrier ? Rad?s, contre un autre club tunisien, le CS Fax, vainqueur de la Coupe de la CAF. Ensuite, je serai en fin de contrat au mois de juin. Evidemment, revenir en France me tient ? c?ur. Mais, comme je l?ai dit, je suis un homme de projets, j?aime aller au bout du travail ? accomplir. Je suis venu ici pour travailler pour le football tunisien dans son ensemble, pas seulement pour le Club Africain ou l?Etoile. Certains ?voquent mon nom pour la s?lection nationale. On verra".
Il y a deux ans, vous ?tiez sans emploi. La roue tourne ?
"Oui. Regardez Francis De Taddeo ? Metz, meilleur entra?neur de L2 hier, et qui vient de payer les pots cass?s? Ou Fr?d?ric Hantz, entra?neur "miracle" au Mans, qui n?a tenu que quelques mois ? Sochaux? Au soir de la victoire j?ai eu une pens?e pour tous les coll?gues au ch?mage, en me disant que ce titre pourrait valoriser l??cole d?entra?neurs fran?aise, bien qu?elle n?en ait pas beaucoup besoin en Afrique o? nos cadres techniques sont tr?s appr?ci?s et demand?s".
Vous faisiez partie du programme "Dix Mois, Cent Emplois" de l?UNECATEF, soutenu par la FFF. Comment avez-vous v?cu cette p?riode ?
"Pour la premi?re fois de ma vie, je m??tais fait "virer" (ndlr, ? Guingamp). L?important est alors de ne pas rester isol?. Le programme m?a permis de rencontrer des coll?gues ailleurs que sur le banc, de participer ? des r?unions, d?apprendre des choses nouvelles ? travers une formation continue, de m?enrichir dans mon m?tier, d?am?liorer mon anglais. Ceci dit, ayant refus? plusieurs propositions de L2, je n??tais pas inquiet pour mon avenir. J?attendais le projet qui me correspondait".
Encouragez-vous vos coll?gues ? tenter l?aventure ? l??tranger ?
"S?ils ont v?ritablement une ?me d??ducateur, de formateur, de d?fricheur, oui. L?exp?rience est forc?ment enrichissante, ? condition de ne pas aller n?importe o?".
Philippe Mayen - FFF.fr

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