Sabri Lamouchi revient sur son passage à la tête de la Tunisie : « La séparation a été brutale »

L'ancien sélectionneur de la Tunisie, Sabri Lamouchi, s'est confié au journaliste Smaïl Bouabdellah dans une interview où il est revenu sur les moments marquants de son aventure avec les Aigles de Carthage.

Entre regrets, déception et regard sur l'avenir de la sélection tunisienne, le technicien franco-tunisien a livré un témoignage sans détour.

Sabri Lamouchi estime que son équipe était sur une trajectoire encourageante jusqu'à la lourde défaite concédée en match amical face à la Belgique.

Selon lui, ce revers a profondément modifié la perception du travail accompli et a marqué un tournant dans son mandat à la tête de la sélection tunisienne.

Interrogé sur la préparation de la Coupe du monde, l'ancien sélectionneur a tenu à clarifier un point important. Il affirme qu'à aucun moment la Fédération Tunisienne de Football ne lui avait imposé des joueurs dans la composition de sa liste pour le Mondial.

Par cette déclaration, Lamouchi balaie les rumeurs selon lesquelles certaines décisions auraient été dictées par les dirigeants fédéraux.

C'est toutefois sur les conditions de son départ que Sabri Lamouchi s'est montré le plus amer. L'ancien international français a confié avoir très mal vécu la fin de son aventure avec la Tunisie.

Il reproche à la FTF une séparation qu'il qualifie de « brutale et violente », regrettant qu'aucun véritable échange ni au revoir n'ait accompagné son départ.

Il pointe également un manque de soutien de la part des responsables fédéraux.

Selon Lamouchi, la veille du match face à la Suède, les dirigeants lui avaient pourtant assuré leur confiance, quel que soit le résultat de cette rencontre inaugurale. Une promesse qui, selon lui, n'a pas été tenue.

Au cours de l'entretien, Sabri Lamouchi a également reconnu une erreur de management. Avec le recul, il regrette de ne pas avoir convoqué Ferjani Sassi, estimant que le milieu de terrain aurait apporté toute son expérience dans un groupe en manque de leaders.

Le technicien considère aujourd'hui que la présence de cadres était indispensable pour accompagner les plus jeunes joueurs dans une compétition aussi exigeante.

Revenant sur le premier match contre la Suède, Lamouchi estime que la prestation collective de la Tunisie a été pénalisée avant tout par des erreurs individuelles. Selon lui, ces fautes ont lourdement pesé sur le déroulement de la rencontre et empêché son équipe d'obtenir un résultat plus favorable.

Sabri Lamouchi a appelé la Fédération Tunisienne de Football à faire preuve de stabilité dans ses choix car la sélection est aujourd'hui composée de nombreux jeunes joueurs qui ont besoin de temps pour progresser.

Il invite ainsi la FTF à soutenir un entraîneur sur la durée afin de construire un véritable projet sportif, plutôt que de multiplier les changements à la tête de la sélection.

Enfin, Sabri Lamouchi considère que la Fédération doit prendre les bonnes décisions afin de renforcer l'attractivité de la sélection nationale auprès des joueurs binationaux.

Selon lui, une vision claire, un projet cohérent et une stabilité institutionnelle sont des éléments essentiels pour convaincre davantage d'expatriés de choisir de défendre les couleurs de la Tunisie.

A travers cette interview, l'ancien sélectionneur livre un regard lucide sur son passage à la tête des Aigles de Carthage, tout en formulant plusieurs recommandations pour permettre à la sélection tunisienne de construire un avenir plus serein et plus ambitieux.

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